C’est l’une des belles histoires dont la restauration de la Côte d’Azur a le secret. Accorder une adresse avec son époque, imaginer un concept qui s’inscrive dans la durée, inventer un lieu incontournable au coeur de la Riviera. Relever ce défi n’est pas si simple et tous les restaurateurs n’ont pas la recette pour mener belle et longue vie. A Juan-les-Pins, l’environnement est favorable à une telle renaissance, l’exemple du Vesuvio 1958, qui revit aujourd’hui, en témoigne.

Intitulé à l’origine Vesuvio puis rebaptisé Vesuvio 1958 par les frères Giordanengo, auteurs en 1946 du Maxim’s, night-club à ciel ouvert jouxtant le restaurant et fréquenté par la jet set internationale, l’établissement fut l’un des succès du Juan des années folles et relève un nouveau défi depuis le début de l’été.

Pour sa première saison, c’est une maison entièrement rénovée que viennent d’ouvrir Jean-Jacques Gonzales, professionnel reconnu, ex directeur adjoint de l’Hôtel Belles Rives et propriétaire depuis 2014 du golf Le Provençal, et à ses côtés sa fille Lola Gonzales-Giordanengo, formée dans l’hôtellerie internationale.

Lumineux, sobre, élégant, terrasse à la toile rouge dominant le bien nommé Carrefour de la Joie, face au Crystal et à deux pas du Pam-Pam, bar emblématique de Juan, le Vesuvio nouveau reprend le concept originel. Pour autant, on aurait tort de classer ce restaurant aux tables nappées, murs blancs et pierres apparentes, dans la catégorie passé et nostalgie.
C’est une adresse actuelle, d’atmosphère, comme une auberge en ville, qui fait son entrée en scène, non une copie d’ancien. Son appel au peuple (« plus mythique que jamais ») répond ainsi au dynamisme économique de la ville d’Antibes et de Juan-les-Pins, « quartier balnéaire » à la célèbre Pinède.

C’est enfin une table de son temps qui propose une cuisine méditerranéenne, voire « à l’italienne », tout en fraîcheur et vivacité, conduite par Jean-Laurent Depoil, lui aussi ancien du Belles Rives. Ce chef expérimenté trouve le ton juste, sans excès de gastronomie pointue : petits farcis, carpaccio de poulpe au citron vert, épaule d’agneau contisée au romarin, pêche du jour, grosses gambas grillées à la plancha, trofie au pesto genovese.. sans oublier des pizzas de belle facture cuites au four à bois traditionnel.

L’enseigne a l’âme napolitaine, le mythe est intact, la saga familiale continue et le Vesuvio 1958 – 200 couverts dont 120 en terrasse – est plus festif encore le soir, à l’heure où le Carrefour de la Joie semble le centre du monde.

Vesuvio 1958, 3 avenue Georges Gallice, Juan-les-Pins. Tel. 04 93 61 21 47. Ouvert tlj (de 18h à minuit en juillet-août). Déjeuner du lundi au vendredi en trois formules: plat 20 €, entrée-plat ou plat-dessert 25 €, entrée, plat, dessert 30€. Carte env. 50/60 €.



